Hommage du 2 juillet 2019

Intervention du Collectif Mort de Rue Grenoble

Nous nous réunissons pour la huitième année consécutive pour honorer ceux qui sont partis depuis un an.

Chaque année c’est la même chose, on se dit que ça va s’arrêter, que notre société va bouger pour que l’on ne décède plus à la rue,

Mais non, ça continue, et à chaque fois ce même chagrin d’accompagner toujours et toujours ces êtres humains à leur dernière demeure. Oui, on n’arrive pas à s’habituer à aller au carré commun… et on s’efforce de rester digne alors qu’on a envie de crier…

Quand nous avons fait imprimer, début juin, la liste des personnes décédées que nous avons accompagnées, ils étaient au nombre de 7. Mais depuis Salvatore, puis Ali, puis Hubert, puis Momo, et encore Mireille et enfin Gérard nous ont quitté au mois de juin.

Et ça ne s’arrête pas !

A chaque fois nous avons un immense chagrin quand nous apprenons que le corps de Guylain, 32 ans, a été retrouvé dans l’Isère, loin de Grenoble, ce qui arrive trop souvent. Et la colère monte en nous quand les PFI nous disent que Thibaud 26 ans a mis fin à ses jours, ou que la gendarmerie a retrouvé le corps d’Hubert 52 ans sur la voie public à Bourg d’Oisans. Oui, vivre à la rue Tue.

Nous nous interrogeons aussi sur le suivi médical des personnes vivant à la rue, n’aurait ’il pas pu empêcher ces fins de vie violente ?

Quand cela va-t-il cesser ?

Depuis le mois de janvier de cette année, nous avons élargi notre action en accompagnant aussi les personnes décédés qui sont seules. Elles ne seront plus inhumées sans qu’il n’y ait personne à leur enterrement.

En France en 2018, le collectif mort de rue de Paris avait recensé 566 décès venant des huit collectifs français des morts de la rue (511 en 2017). En réalité c’est plus 2600 personnes qui sont décédées. Sur ces 566, 13 étaient mineurs et 6 avait moins de 5 ans. La moyenne d’âge de personnes décédées est de 48 ans en 2018.

Nous ne pouvons pas aussi passer sous silence un des plus grands cimetières du monde qu’est devenue la méditerranée. L’organisation internationale pour les migrations recense plus de 22 000 morts ou disparus en méditerranée depuis 2014. Et au moment où l’Italie est en train de criminaliser les associations qui sauvent tous les jours les migrants, nous devons crier haut et fort que cette situation est inacceptable !

Nous voulons aussi remercier les PFI, pour la qualité des enterrements des morts de la rue, et leur aide pour le remplacement des emblèmes abimés du carré commun, ainsi que leur collaboration avec notre collectif.

Nous vous remercions enfin, vous toutes et tous d’être venus aujourd’hui à cette cérémonie, nous ne vous disons pas à l’année prochaine, il y a des fois où l’on doit penser aux miracles.

Nous vous invitons à faire une minute de silence à la mémoire de ceux qui nous ont quittés cette année.

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été comme hiver, vivre à la rue tue

Le Collectif des Morts de la Rue de Grenoble
Point d’Eau 31 rue Blanche Monier Grenoble
Grenoble le 30 mars 2018

COMMUNIQUE DE PRESSE

L’ensemble des collectifs des Morts de la Rue de France ont décidé une journée d’action le 4 avril 2018.
Voilà de nombreuses années que les collectifs des Morts de la Rue accompagnent les décès de ces habitants oubliés.
Entre 2012 et 2016, 2369 personnes SDF sont décédées et ont été accompagnées par nos différents collectifs, sur un nombre total estimé à plus de 13 000, sur cette même période.
Ils décèdent tout au long de l’année, autant en été qu’en hiver. L’âge moyen de ces décès est de 49.7 ans, soit 30 ans plus tôt que la population. 9.2% sont des femmes et 35 décès sont des mineurs de moins de 15 ans.
Les causes de décès sont connues pour 53.5% des personnes. 28% d’entre elles sont décédées de causes violentes (accidents, agressions, suicides), 25% de maladie.
Les personnes ont passé en moyenne 10.3 ans à la rue.
En 2012, l’INSEE dénombrait 141 500 personnes sans domicile en France auxquelles s’ajoutent 15 à 20000 personnes vivant dans les bidonvilles.
Enfin, le nombre de décès chaque année ne diminue pas. Et nous ne voyons aucune politique sociale dirigée vers les habitants de la rue se mettre en place pour lutter contre cette hécatombe !
Le collectif Grenoblois se réunit tous les derniers jeudi de chaque mois de 12 h 30 à 14 h au local Point d’Eau 31 rue Blanche Monier à Grenoble. Si vous souhaitez participer ou soutenir l’action du collectif, vous êtes cordialement invité à nos prochaines réunions.

Décès de M. Serge Rey

Nous avons la très grande peine de vous faire part du décès de Mr Serge Rey, âgé de 46 ans.

Serge Rey a vécu de nombreuses années dans les grottes de la Bastille, au CHRS Henry Tarze et à la rue. Il s’est éteint dans son appartement tout proche de l’Abbaye le quartier qu’il aimait et dans lequel il voulait vivre depuis longtemps.

Les obsèques ont lieu demain, jeudi 31 août 2017, à 10h à l’église Notre Dame de la Salette, à St Martin d’Hères.

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