HOMMAGE DU 3 JUILLET 2021

Bonjour tout le monde !

Le Collectif Morts de Rue et Personnes Isolées est très content de vous voir réunis autour de ses membres pour honorer pour la 9e fois ceux qui sont décédés.
Le 3 juillet 2020, à cause de la pandémie, nous n’avions pas pu tenir cet hommage, mais les membres du Collectif étaient présents soit ici au Jardin de Ville soit à plusieurs endroits de Grenoble pour sensibiliser les passants qui voulaient bien les écouter, à cette cause.
En interpellant la société, en honorant ces morts, nous agissons aussi pour les vivants. Et on ne le répètera jamais assez, vivre à la rue mène à mourir prématurément.

Depuis janvier 2019, nous accompagnons aussi toutes les personnes isolées, c’est-à-dire les personnes décédées dont les proches n’ont pas été retrouvés ou qui ne veulent pas s’occuper des funérailles. Ainsi, en un an, nous avons accompagné 23 personnes à leur dernière demeure.
Rendre hommage à des gens dont on sait si peu de choses est fondamental. Même si nous n’avons accès qu’ à quelques miettes de leur parcours, quelques miettes de vie, il s’agit de gens comme vous et moi. Des gens dont on ne doit pas oublier l’existence.

Nous avons été particulièrement émus lorsqu’en août dernier, nous avons enterré un Monsieur dont l’identité n’a pas pu être établie ; il a été retrouvé à Grenoble bien trop longtemps après son décès. C’est donc Monsieur X que nous avons accompagné.
Et plus récemment, c’est Gabriel, un bébé de 12 jours qui est parti bien trop tôt. 

Leurs tombes ont été fleuries, comme toutes les autres tombes d’ailleurs. Et elles le seront à nouveau cet après-midi et le 1er novembre lors de notre cérémonie annuelle où nous allons nous recueillir aux Carrés Communs du Petit et du Grand Sablon, tout en pensant aux personnes disséminées dans d’autres cimetières du département ou plus loin encore.

Nous poursuivons notre effort d’accompagnement en s’assurant que le défunt, la défunte est habillé. Nous ne pouvons plus tolérer qu’ il repose nu ou avec un semblant de vêtement. Notre lot de chemises et de chemisiers redonne de la dignité à ces personnes décédées. Nous essayons aussi d’être présents pour leur dire adieu avant la fermeture du cercueil. 
Et, à ce propos, nous apprécions vraiment notre collaboration avec  la Chambre Mortuaire de l’ Hôpital et avec les PFI. Tous font un travail remarquable pour donner leur dignité aux défunts. Nous voulons les en remercier très chaleureusement.     
 

Et puis, il y a ce nombre de décès donné chaque année par le Collectif Morts de Rue de Paris : en 2020, 535 décès ont été recensés, il y en avait 569 en 2019. En réalité, ils sont  beaucoup plus nombreux mais il est très difficile de les dénombrer.
Leur mort doit interpeller chacun à un niveau personnel comme collectif, et ceci quelles que soient nos appartenances politiques ou religieuses.

Et que dire de tous ces migrants qui reposent au fond de la Méditerranée ? Nous ne les oublions pas également.
   

Pour terminer, nous voulons vous remercier d’être venus ici avec nous honorer tous ces morts. Et en particulier, nous remercions Madame Céline Deslattes, conseillère municipale de Grenoble déléguée à la grande précarité. Et nous vous invitons – si vous le souhaitez – à venir rejoindre notre Collectif. Il se réunit chaque mois, le dernier jeudi du mois, à 12h30, à Point d’Eau, 31 rue Blanche Monier à Grenoble.
 

Et maintenant, nous allons écouter la liste des personnes que nous avons accompagnées (la liste est lue par Michelle C. & Guy).
 

Et maintenant, nous allons respecter une minute de silence à la mémoire de toutes les personnes décédées.
Merci beaucoup !   

INTERVENTION COMMUNIQUE DE PRESSE 3-JUILLET 2020

COLLECTIF MORT DE RUE GRENOBLE

Si cette année a été difficile pour un grand nombre d’entre nous, à cause de la pandémie, elle l’a été d’autant plus pour ceux et celles qui sont à la rue.

Le collectif existe depuis 2011, c’est la première année que nous renonçons à notre cérémonie d’hommage du 3 juillet, Covid-19 oblige…

Pourtant, pendant cette période de confinement, les décès ont continué : Yvette, Claude, et Jaroslaw décédé du Coronavirus.

Depuis juillet 2019, c’est Nadia, Jean-Joseph, Pascal-René, Lucien, Dragana, Nicolas, Yvon, Philippe, Jean-Noël dit Johnny, Jean-Jacques qui nous ont quittés.

Et depuis le déconfinement, Alfredo est allé les rejoindre.

Nous avons porté notre effort cette année sur la qualité de notre accompagnement : notre présence à la levée du corps et le déroulement de la cérémonie. Avec l’aide du personnel de la chambre mortuaire de l’hôpital, nous fournissons des vêtements pour que les corps soient habillés et qu’ils ne soient plus enterrés nus. Nous voulons apporter encore plus de dignité aux personnes que nous accompagnons.

En France, en 2019, le collectif Mort de Rue de Paris a recensé 569 décès pris en charge par les collectifs dans toute la France : 9% sont des femmes, 13 % sont mineurs et 8 avaient moins de 9 ans. La moyenne d’âge des personnes décédées est de 48 ans (45.6 ans pour les femmes). La durée moyenne de vie dans la rue était de 5 ans.

On ne le répétera jamais assez : VIVRE DANS LA RUE TUE

Bien que notre action devienne de plus en plus difficile au fur et à mesure des années qui passent, nous allons continuer, continuer encore pour que l’on n’oublie pas celles et ceux qui décèdent des conséquences d’une vie à la rue ou qui décèdent sans aucun accompagnement.

Nous invitons celles et ceux qui le désirent à venir rejoindre notre collectif dans cette action. Nous nous réunissons chaque mois, le dernier jeudi du mois, à 12 h 30, à Point d’Eau, 31 rue Blanche Monier à Grenoble.

Hommage du 2 juillet 2019

Intervention du Collectif Mort de Rue Grenoble

Nous nous réunissons pour la huitième année consécutive pour honorer ceux qui sont partis depuis un an.

Chaque année c’est la même chose, on se dit que ça va s’arrêter, que notre société va bouger pour que l’on ne décède plus à la rue,

Mais non, ça continue, et à chaque fois ce même chagrin d’accompagner toujours et toujours ces êtres humains à leur dernière demeure. Oui, on n’arrive pas à s’habituer à aller au carré commun… et on s’efforce de rester digne alors qu’on a envie de crier…

Quand nous avons fait imprimer, début juin, la liste des personnes décédées que nous avons accompagnées, ils étaient au nombre de 7. Mais depuis Salvatore, puis Ali, puis Hubert, puis Momo, et encore Mireille et enfin Gérard nous ont quitté au mois de juin.

Et ça ne s’arrête pas !

A chaque fois nous avons un immense chagrin quand nous apprenons que le corps de Guylain, 32 ans, a été retrouvé dans l’Isère, loin de Grenoble, ce qui arrive trop souvent. Et la colère monte en nous quand les PFI nous disent que Thibaud 26 ans a mis fin à ses jours, ou que la gendarmerie a retrouvé le corps d’Hubert 52 ans sur la voie public à Bourg d’Oisans. Oui, vivre à la rue Tue.

Nous nous interrogeons aussi sur le suivi médical des personnes vivant à la rue, n’aurait ’il pas pu empêcher ces fins de vie violente ?

Quand cela va-t-il cesser ?

Depuis le mois de janvier de cette année, nous avons élargi notre action en accompagnant aussi les personnes décédés qui sont seules. Elles ne seront plus inhumées sans qu’il n’y ait personne à leur enterrement.

En France en 2018, le collectif mort de rue de Paris avait recensé 566 décès venant des huit collectifs français des morts de la rue (511 en 2017). En réalité c’est plus 2600 personnes qui sont décédées. Sur ces 566, 13 étaient mineurs et 6 avait moins de 5 ans. La moyenne d’âge de personnes décédées est de 48 ans en 2018.

Nous ne pouvons pas aussi passer sous silence un des plus grands cimetières du monde qu’est devenue la méditerranée. L’organisation internationale pour les migrations recense plus de 22 000 morts ou disparus en méditerranée depuis 2014. Et au moment où l’Italie est en train de criminaliser les associations qui sauvent tous les jours les migrants, nous devons crier haut et fort que cette situation est inacceptable !

Nous voulons aussi remercier les PFI, pour la qualité des enterrements des morts de la rue, et leur aide pour le remplacement des emblèmes abimés du carré commun, ainsi que leur collaboration avec notre collectif.

Nous vous remercions enfin, vous toutes et tous d’être venus aujourd’hui à cette cérémonie, nous ne vous disons pas à l’année prochaine, il y a des fois où l’on doit penser aux miracles.

Nous vous invitons à faire une minute de silence à la mémoire de ceux qui nous ont quittés cette année.

été comme hiver, vivre à la rue tue

Le Collectif des Morts de la Rue de Grenoble
Point d’Eau 31 rue Blanche Monier Grenoble
Grenoble le 30 mars 2018

COMMUNIQUE DE PRESSE

L’ensemble des collectifs des Morts de la Rue de France ont décidé une journée d’action le 4 avril 2018.
Voilà de nombreuses années que les collectifs des Morts de la Rue accompagnent les décès de ces habitants oubliés.
Entre 2012 et 2016, 2369 personnes SDF sont décédées et ont été accompagnées par nos différents collectifs, sur un nombre total estimé à plus de 13 000, sur cette même période.
Ils décèdent tout au long de l’année, autant en été qu’en hiver. L’âge moyen de ces décès est de 49.7 ans, soit 30 ans plus tôt que la population. 9.2% sont des femmes et 35 décès sont des mineurs de moins de 15 ans.
Les causes de décès sont connues pour 53.5% des personnes. 28% d’entre elles sont décédées de causes violentes (accidents, agressions, suicides), 25% de maladie.
Les personnes ont passé en moyenne 10.3 ans à la rue.
En 2012, l’INSEE dénombrait 141 500 personnes sans domicile en France auxquelles s’ajoutent 15 à 20000 personnes vivant dans les bidonvilles.
Enfin, le nombre de décès chaque année ne diminue pas. Et nous ne voyons aucune politique sociale dirigée vers les habitants de la rue se mettre en place pour lutter contre cette hécatombe !
Le collectif Grenoblois se réunit tous les derniers jeudi de chaque mois de 12 h 30 à 14 h au local Point d’Eau 31 rue Blanche Monier à Grenoble. Si vous souhaitez participer ou soutenir l’action du collectif, vous êtes cordialement invité à nos prochaines réunions.

Décès de M. Serge Rey

Nous avons la très grande peine de vous faire part du décès de Mr Serge Rey, âgé de 46 ans.

Serge Rey a vécu de nombreuses années dans les grottes de la Bastille, au CHRS Henry Tarze et à la rue. Il s’est éteint dans son appartement tout proche de l’Abbaye le quartier qu’il aimait et dans lequel il voulait vivre depuis longtemps.

Les obsèques ont lieu demain, jeudi 31 août 2017, à 10h à l’église Notre Dame de la Salette, à St Martin d’Hères.

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